Hyundai Motor Company reporterait le lancement de son usine d'hypercasting de pointe à Ulsan, un projet initialement soutenu par un investissement de 1 000 milliards de wons (environ 730 millions de dollars). Cette décision intervient en réponse à l'affaiblissement de la demande mondiale de véhicules électriques (VE) et à l'imposition récente par les États-Unis d'un droit de douane de 25 % sur les automobiles importées.
Projet d'hypercasting repoussé à 2028
Selon Seoul Economy, Hyundai discute d'un report du démarrage de la production en série de son usine d'hypercasting de 2026 à 2028. Cet ajustement est en cours de négociation avec le syndicat de l'usine d'Ulsan, suite à des discussions entamées fin 2024.
L'hypercasting est une technique de fabrication de nouvelle génération où de l'aluminium en fusion est injecté dans un grand moule sous haute pression pour créer des carrosseries entières en une seule étape. Ce procédé améliore considérablement l'efficacité de production en réduisant le nombre de composants et en minimisant les problèmes de qualité liés au soudage et à l'assemblage. La technique similaire de « gigacasting » de Tesla a permis de réduire les coûts de production d'environ 40 %.
Incertitude du marché des VE et droits de douane américains : une réévaluation nécessaire
La réévaluation de sa stratégie d'investissement par Hyundai reflète les préoccupations croissantes sur le marché des VE, souvent décrit comme entrant dans une « vallée de la demande » temporaire. S'ajoute à cette incertitude la décision du gouvernement américain d'imposer un droit de douane de 25 % sur les véhicules importés — un coup dur pour Hyundai et Kia, qui ont exporté plus d'un million de véhicules vers les États-Unis depuis la Corée du Sud en 2024 seulement.
Le fardeau financier lié à ce nouveau tarif est considérable. Les analystes du secteur estiment qu'il pourrait augmenter le coût par véhicule exporté d'environ 8 millions de wons (environ 5 900 dollars), ce qui représenterait un impact total de 8 000 milliards de wons (environ 5,9 milliards de dollars). Cela équivaudrait à près de 30 % des bénéfices d'exploitation combinés de Hyundai et Kia l'année dernière.
Pivot stratégique vers une production aux États-Unis
Malgré les tensions financières, Hyundai et Kia ne peuvent pas se permettre de se retirer du marché américain, qui reste leur plus grand marché, dépassant les ventes nationales. Pour minimiser l'exposition aux droits de douane, le groupe Hyundai Motor accélère désormais son virage vers une production localisée en Amérique du Nord.
Le groupe a annoncé son intention d'investir plus de 12 660 milliards de wons (environ 9,3 milliards de dollars) dans l'expansion de ses opérations américaines au cours des quatre prochaines années. Avec l'ajout de la Metaplant en Géorgie — d'une capacité de production de 300 000 unités — la production totale de Hyundai aux États-Unis est passée à 1 million de véhicules par an. L'entreprise vise à porter ce chiffre à 1,2 million d'unités en augmentant la capacité de la Metaplant à 500 000 unités.
Ajustements à court terme et révisions des ventes mondiales
Compte tenu des nouvelles conditions du marché, Hyundai et Kia procèdent à plusieurs ajustements tactiques. Kia a récemment revu son objectif de ventes mondiales pour 2030, le faisant passer de 4,3 millions à 4,19 millions de véhicules. Hyundai a également annoncé une hausse de prix de 3 % en Inde et prévoit de mettre fin à son service d'entretien gratuit pour les acheteurs de voitures neuves aux États-Unis d'ici fin 2025.
Par ailleurs, le président de Hyundai Motor, José Muñoz, a déclaré qu'il n'y avait pas de projets immédiats d'augmentation des prix aux États-Unis — mais a précisé que la structure tarifaire actuelle ne tiendrait que jusqu'au 2 juin. Néanmoins, les analystes de Goldman Sachs prévoient que les prix des véhicules aux États-Unis pourraient augmenter de 5 000 à 15 000 dollars (environ 735 millions à 2,2 milliards de wons) selon la durée du droit de douane.
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