Hyundai et Kia adoptent une position ferme en résistant aux hausses de prix malgré les pressions économiques croissantes, tandis que les constructeurs mondiaux augmentent rapidement les prix des véhicules aux États-Unis dans le cadre de la politique tarifaire renouvelée du président Donald Trump.
Alors que les stocks pré-tarifaires s'épuisent et que les concurrents répercutent les coûts sur les consommateurs, l'engagement inébranlable de Hyundai et Kia en faveur de la stabilité des prix attire l'attention de l'industrie, même si les experts s'interrogent sur la durée de leur capacité à tenir.
Les rivaux cèdent : Mitsubishi, Ford et Subaru augmentent leurs prix
Le 18 juin, Reuters et des sources industrielles ont confirmé que Mitsubishi a augmenté ses prix aux États-Unis de 2,1 % en moyenne, devenant ainsi le dernier constructeur à ajuster ses prix en réponse aux tarifs douaniers de Trump. Le constructeur japonais avait temporairement suspendu ses exportations vers les États-Unis en avril, ne les reprenant que récemment sous le nouveau régime tarifaire.
D'autres grands acteurs cèdent également à la pression tarifaire. Ford a augmenté ses prix jusqu'à 2 000 $ le mois dernier, et Subaru a suivi avec des hausses allant de 750 $ à 2 055 $ sur ses modèles phares.
Hyundai et Kia : tenir bon face à la pression tarifaire croissante
Hyundai et Kia se distinguent comme les seuls grands constructeurs à ne pas encore augmenter leurs prix, une décision qui les démarque sur un marché qui évolue rapidement sous la pression politique et économique. Leur capacité à résister est toutefois liée à une vision stratégique : ils ont constitué 3 à 4 mois de stocks en Amérique du Nord avant la mise en œuvre des tarifs douaniers.
Mais ces réserves s'épuisent rapidement. Les analystes du secteur préviennent que Hyundai et Kia pourraient bientôt n'avoir d'autre choix que de procéder à des hausses de prix progressives, surtout si les tarifs continuent d'augmenter ou si les niveaux de stocks tombent en dessous des seuils viables.

Une forte dépendance aux importations accroît les enjeux
S'ajoute à la pression le taux d'importation élevé des véhicules Hyundai et Kia vendus aux États-Unis — un impressionnant 65 %, contre 35 % pour Honda, 51 % pour Toyota et 53 % pour Renault-Nissan-Mitsubishi. Cette forte dépendance aux véhicules importés signifie que Hyundai et Kia absorbent une part plus importante des coûts tarifaires que tout autre grand constructeur.
Des solutions à long terme en cours, mais un soulagement à court terme incertain
Hyundai et Kia ne restent pas les bras croisés. Les entreprises ont annoncé des plans à moyen et long terme pour porter leur capacité de production aux États-Unis à 1,2 million d'unités par an. Dans ce cadre, la production du Tucson est transférée du Mexique vers l'usine d'Hyundai en Alabama afin de réduire l'exposition aux tarifs douaniers transfrontaliers.
Parallèlement, Hyundai Motor Group Metaplant America (HMGMA) — dont la cérémonie d'achèvement a eu lieu en mars — devrait ajouter 200 000 unités de capacité de production, avec le début de la production de véhicules hybrides l'année prochaine. Cependant, l'usine monte encore en puissance : seuls 8 674 véhicules ont été expédiés le mois dernier, dont 6 292 IONIQ 5 et 2 382 IONIQ 9.
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