
La plupart des remarques improvisées ou des idées farfelues sont balayées dès qu’elles sont prononcées. C’est bien beau d’avoir de grands projets, à condition d’avoir le temps – et généralement le budget – pour les mener à bien. C’est là que les concepts audacieux tombent généralement dans l’oubli, ou sont remisés à plus tard, voire indéfiniment.
Mais c’est Kia Motors UK, et la marque est connue pour faire les choses un peu différemment. Alors, quand il a fallu commander le camion pour emmener la toute première Stinger du Royaume-Uni à la casse fin 2018, un retard fâcheux et mystérieux a frappé la création des documents nécessaires. En coulisses, pendant qu’elle trônait dans le showroom du siège de Kia, les responsables des relations produits et presse se sont concertés pour trouver le moyen de garder discrètement la « GT S » rouge HiChroma. Après tout, elle avait un passé intéressant : acheminée par fret aérien au Royaume-Uni début 2017, il s’agissait de la voiture d’homologation de pré-production qui avait ensuite subi d’innombrables tests pour prouver sa fiabilité en tant que nouveau vaisseau amiral de Kia.
Arborant la plaque LA66 HTG et immatriculée le mercredi 22 février 2017 , elle est devenue la voiture de couverture de nombreuses publications britanniques après avoir été photographiée sur le site d'essais de Longcross dans le Surrey. Sa notoriété a été assurée grâce à ses apparitions dans les émissions télévisées « Top Gear » de la BBC et « The Grand Tour » d'Amazon. Le grand public a également pu grimper à bord de ce premier exemplaire, car il a servi de véhicule itinérant lors des événements de dévoilement en concession Kia à travers tout le pays. Normalement, les voitures de pré-production parcourent quelques milliers de kilomètres, mais cet exemplaire bien utilisé a accumulé un impressionnant total de 16 000 km.

Plus important encore, c'est cette voiture qui a servi aux derniers essais et réglages au Royaume-Uni, la validation technique étant effectuée ici par nul autre qu'Albert Biermann, directeur de la division Recherche & Développement du Hyundai Motor Group.
Aujourd'hui, Kia dévoile les coulisses du travail d'une entreprise peuplée de passionnés de mécanique, qui ont imaginé une proposition convaincante et l'ont fait approuver par la direction de Kia Motors UK. Une collaboration entre les équipes britanniques du produit, des relations presse, du garage presse et de la technique, ce projet 50:50 a été mené à bien avec l'aide, les conseils et l'expertise technique du Hyundai Motor Europe Technical Centre de Rüsselsheim, en Allemagne. Une équipe dirigée par Tyrone Johnson, responsable du développement et des essais véhicules, célèbre pour son travail sur les compactes sportives arborant un ovale bleu, avant de rejoindre Hyundai Motor Europe en août 2018.

Du fastback musclé à la spéciale circuit
Tous les ingrédients nécessaires à la création de l'accrocheuse « Stinger GT420 » étaient déjà dans l'ADN de la voiture, imaginée par les ingénieurs de Kia au centre de développement de Namyang, en Corée. Un généreux moteur essence V6 biturbo de 3 342 cm³ à injection directe développe 365 ch et 510 Nm d'origine, et ce, avant même d'avoir été retravaillé.
L'équipe motorisation HMETC a été impliquée dès le début pour régler la Stinger GT S de piste, et elle a recommandé des bougies HKS M45il pour une combustion optimisée. Un filtre à air sport K&N et un système d'échappement léger Milltek Sport à quatre sorties, avec catalyseurs supprimés, ont remplacé l'équipement d'origine. Un refroidisseur de boîte automatique à six rangées, en lieu et place du modèle à quatre rangées, empêche la transmission de surchauffer et la maintient opérationnelle sur circuit. Le logiciel de la boîte a été recalibré pour des passages de rapports plus rapides en modes Sport et Sport+. Ces modifications portent les chiffres clés à 422 ch et 560 Nm de couple, mais tout pilote sait que la légèreté est essentielle pour tirer le meilleur parti de ces performances supplémentaires.

Le Press Garage de Kia à Chippenham a dépouillé l'habitacle de la Stinger, retirant les sièges et ceintures, les airbags, le système audio, les garnitures intérieures et les lève-vitres arrière. Le cache-moteur, les protections de soubassement, les capteurs de stationnement, les amortisseurs de coffre et de capot, ainsi que la poutre et la mousse du bouclier arrière ont également été supprimés. Les vitres arrière ont été collées et des panneaux de porte allégés installés. Le toit ouvrant de la Stinger a été retiré et remplacé par un panneau en acier, faisant perdre quelques kilos supplémentaires, même après l'ajout d'un panneau en nid d'abeille par Hyundai Motor Europe pour renforcer la structure. Au total, la réduction de poids atteint environ 150 kg après l'installation de l'arceau, des sièges, des ceintures et de l'extincteur.
Un arceau de sécurité sur mesure a été installé et peint, puis la planche de bord et l'électronique nécessaire ont été remontées. Le renfort de soubassement comprend une barre transversale à l'avant et deux barres à l'arrière. Une fois l'arceau en place, une paire de sièges baquets Sparco a été boulonnée, accompagnée de harnais de course et de l'extincteur, élément crucial monté dans l'habitacle au cas où le pire arriverait. Pour compléter les mesures d'allègement, une batterie LiPo Lite Blox remplace l'originale, économisant 22 kg.

Scotché à la piste
La quête d’allègement se poursuit avec le montage de jantes OZ Racing Leggera plus larges, qui permettent d’économiser environ 5 kg par roue. Des pneus Pirelli Trofeo R ont été choisis pour une adhérence maximale sur circuit – du 235/35/R19 à l’avant et du 265/30/R19 à l’arrière. L’angle de carrossage a été porté à -2,5 degrés en modifiant le longeron avant. Les freins avant ont été renforcés avec des étriers Brembo à six pistons et des flexibles acier racing, associés à des disques haute performance de 380 x 34 mm et des plaquettes Endless. À l’arrière, les freins d’origine du V6 Stinger ont été conservés. Des conduits et déflecteurs de refroidissement assurent un refroidissement maximal des freins, indispensable sur circuit, tandis que des ajustements de l’ABS, du contrôle de traction et du contrôle électronique de stabilité garantissent des performances optimales en piste. En mode Sport+ et en désactivant complètement le contrôle de traction et l’ESC, la « Stinger GT420 » se laisse facilement dériver.
Les amortisseurs d’origine ont été conservés pour la configuration racing, avec des ressorts abaissseurs Eibach Pro et des barres antiroulis de 25 mm à l’avant. À l’arrière, une barre antiroulis maison de 17 mm a été installée. Le contrôle d’amortissement continu a été abandonné au profit d’un jeu d’amortisseurs conventionnels, avec quelques réglages fins.
La touche finale
Une fois les améliorations mécaniques validées, le Kia Press Garage s’est attelé à donner au « Stinger GT420 » un supplément de musculature visuelle. Un splitter avant et un diffuseur arrière Stillen ont été ajoutés, accompagnés d’un aileron arrière signé Air Design. Mais le véritable clou du spectacle, c’est un habillage chromé qui s’intègre parfaitement à la teinte HiChroma Red existante, y ajoutant des éléments blancs et gris graphite, vantant les améliorations dignes d’une voiture de course et dévoilant le nom « GT420 ». Véritable bête de piste, elle est sensationnelle sous tous les angles.

Combien cela a-t-il coûté ?
Avec un projet mené en dehors du cadre habituel et l’implication de l’équipe technique de Hyundai Motor Europe, il est difficile de chiffrer précisément le temps et l’argent investis dans la « Stinger GT420 ». La somme de sang, de sueur et de larmes consacrée à ce projet ne peut se mesurer en termes monétaires, et il est donc compliqué d’établir un prix définitif pour un projet aussi unique que la « Stinger GT420 ». Le slogan actuel de Kia aurait pu être créé spécialement pour ce projet – The power to surprise – et croyez-nous, il tient ses promesses.
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